Lettre ouverte signée par Julie Robillard, Dalie Lauzon-Vallières, Olivia Ungurean, Loïc Goyette, Jean-Philippe Martel, Myriam Lepage-Lamazzi et Bertrand Guibord.
Les auteurs sont respectivement du Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ); du Réseau Demain le Québec; de la Coalition de résistance pour l’unité étudiante syndicale (CRUES); de l’Union étudiante du Québec (UEQ); du Syndicat des enseignantes et des enseignants du cégep Montmorency; du MJSM (Mouvement Jeunes et Santé mentale); du Conseil central du Montréal métropolitain – CSN. Ils cosignent ce texte au nom de la Riposte populaire qui compte près de 150 signataires des mouvements étudiants, communautaires, syndicaux et militants.
La lettre a été publiée dans la section Idées du Devoir le 17 septembre 2026
Peu importe la couleur du prochain gouvernement le 5 octobre, le climat politique sera encore favorable aux mesures d’austérité, à la montée de l’extrême droite, à l’affaiblissement de nos droits démocratiques et à l’inaction environnementale.
Au quotidien, de plus en plus de personnes en arrachent. Les inégalités augmentent. La réponse de nos gouvernements ? Des coupes et des mesures austères. Des lois et des réformes qui attaquent les contre-pouvoirs et les droits sociaux et environnementaux. Des discours discriminatoires complètement décomplexés dans l’espace public.
Le gouvernement ignore la population. Il continue de travailler main dans la main avec les élites riches. Cela a pour effet de conserver un statu quo qui reproduit les injustices et les inégalités tout en détruisant les écosystèmes partout sur la planète.
Lors de la dernière année, nous nous sommes fait inonder de projets de loi qui attaquent nos droits et nos libertés. Le flood the zone est une tactique politique bien connue. Il s’agit d’« inonder » la société de projets de loi en très peu de temps pour en affaiblir la contestation.
Cette tactique politique vise à écraser les contre-pouvoirs et les mouvements sociaux qui défendent les droits des groupes marginalisés qui sont pris pour cibles. Elle vise à nous paralyser, à nous épuiser et à nous mettre en mode survie. Elle nous amène à nous replier sur nous-mêmes, car nous devons mettre toutes nos énergies à mener notre lutte pour éviter que nos droits reculent. Oui, nous avons contesté ces innombrables projets de loi. Oui, nous avons résisté. Oui, nous avons même réussi à éviter certains reculs grâce à nos mobilisations respectives. Cependant, dans ce contexte, force est d’admettre qu’il nous a été très difficile de dégager du temps, de l’énergie et des ressources pour appuyer les autres groupes dans leurs luttes et en être activement solidaires.
Pourtant, nous avons bel et bien un ennemi commun qui se cache derrière toutes ces attaques. C’est le capitalisme qui saccage tout au nom du profit, qui crée les multiples crises dans lesquelles nous nous trouvons (sociales, écologiques, économiques, politiques, culturelles). Les élites riches s’en déresponsabilisent et en tirent profit au détriment des mêmes communautés qu’elles continuent de marginaliser et de désigner comme boucs émissaires, en utilisant l’idéologie de droite et d’extrême droite.
Pour leur faire face, nous n’avons plus le luxe de rester cantonnés dans nos luttes respectives ou sectorielles. Cela ne fait que nous diviser et leur permet de mieux régner. Il nous faut bâtir un large mouvement de résistance sociale et populaire face à la vie de plus en plus chère, aux attaques autoritaires et au climat qui se précarise de plus en plus !
Unissons nos forces pour solidifier un mouvement de lutte combatif ! Exigeons des conditions de vie dignes et libres pour toutes et tous ! Construisons des alliances sur le long terme pour bâtir un rapport de force ! Mettons de l’avant les forces de chacune et de chacun et respectons les moyens diversifiés de passer à l’action !
Cet automne, la pression monte. Les différents mouvements poursuivent leurs actions et la lutte ne fera que s’intensifier. C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des groupes de la société civile, qu’ils soient étudiants, syndicaux, communautaires ou militants, à converger et à tisser des liens dans l’action en s’organisant pour une semaine de grèves régionales et d’actions du 25 septembre au 3 octobre prochains. Cette convergence ne s’arrêtera pas au lendemain du 5 octobre, car nous savons qu’un nouveau gouvernement n’y changera rien.
Poursuivons la lutte au-delà des élections !
N’oublions jamais que les avancées de nos droits et libertés sont le résultat de mouvements de luttes sociales et non pas des élections.